Inauguration...(L'avenir du Cher)
Dimanche dernier, 16 octobre, avait lieu dans notre commune, l’inauguration du monument aux morts pour la France.
Grâce au beau temps, grâce à une excellente organisation et à la collaboration empressée de toute la population, la cérémonie réussit dans la perfection.
Depuis longtemps, on n’avait vu autant de monde à Arpheuilles.
A 9h30, cérémonie religieuse. L’église avait été magnifiquement décorée et pavoisée. M. Godinoux Auguste vicaire, glorifia nos morts en termes touchants. Durant la cérémonie, la musique de Maillant exécuta avec art plusieurs morceaux de circonstance et des fillettes chantèrent excellemment de magnifiques hymnes. Nos plus vives félicitations à M. Aupetit, violoniste de talent de Meillant qui joué avec beaucoup de sentiment.
A 11 heures, bénédiction du monument, puis réception des autorités et des invités pour l’inauguration officielle.
Etaient présents : messieurs le sous préfet de Saint Amand, Pajot, sénateur du Cher, Martinet, conseiller général, et Bourin, conseiller d’arrondissement, Charby, maire de CHarenton, Léon Vellaud, régisseur à Meillant, Jack, agent voyer à saint Amand, Aussourd, instituteur à Burère, Alichaud, sculpteur à Bruère.
La cérémonie commença ensuite sous la présidence de monsieur le sous préfet.
L’imposant cortège se rendit sur la place de l’Eglise où se trouve érigé le monument.
La fanfare de Meillant était en tête, exécutant un pas redoublé.
Les enfants des écoles sous la direction de leurs maîtres, Mme et M. Giraud, suivaient deux à deux.
Venaient ensuite les autorités et les invités.
Précédés de leur drapeau, suivaient les anciens combattants, vétérans de 1870 et poilus de la Grande Guerre.
Puis venait la population, silencieuse et recueillie.
Le cortège se rangea auprès du monument et la musique entonna aussitôt la Marseillaise que toute l’assistance écouta, découverte.
Les enfants des écoles chantèrent le chant du Départ.
Aussitôt après, M. Fournier Emile, président de l’association des anciens combattants d’Arpheuilles, fait l’appel aux morts, M. Pierre Henri, mobilisé et adjoint au maire d’Arpheuilles, répond au milieu d’un silence impressionnant : « Mort au champ d’honneur. »
C’est alors que M. Gibault Pierre, président du comité du monument, remet en une allocution touchante, le monument à l’autorité communale.
M le maire remercia aussi ses remerciements les plus chaleureux aux autorités, aux invités, aux mobilisés et à la population et dans un langage plein de sentiment il adressa son salut aux morts.
Monsieur le sous préfet prit à son tour la parole. En termes élevés et d’une forme littéraire il magnifia l’œuvre de nos morts, glorifia leur mémoire et dans un beau mouvement d’éloquence, développa la thèse de l’union sacrée.
M. Pajot, dont le verbe est toujours resté vigoureux, fit un rapide raccourci de notre histoire militaire depuis 50 ans ; il flétrit l’empire, auteur de nos désastres de 1870 et fit l’éloge de la 3ème république qui a effacé cette honte, il confondit ensuite dans un même salut les morts de 1870 et ceux de la grande guerre, puis préconisa à son tour l’union de tous les bons français.
MM. Matinet et Bourin, en expressions heureuses et touchantes, sont venus apporter à leur tour salut à nos morts.
La musique de meillant, exécute un nouveau morceau ; les enfants des écoles chantent le chant sublime de Bouchor ; aux morts pour la Patrie, puis le cortège se reforme et repart pour la Mairie où il se disloque.
Un banquet copieux et très servi attendait les convives dans la salle de l’école décorée avec goût. Le menu fut des plus savoureux. Nos remerciements aux adroits chasseurs qui ont eu l’heureuse idée de l’allonger d’un plat exquis de venaison. Soixante dix convives prirent part au banquet, ce qui est beaucoup pour notre petite commune.
Au dessert, des toasts furent portés par MM. Le maire, le sous préfet, le sénateur Pajot, Pierre Henri, à la gloire de nos morts et à la prospérité de la France et de la république.
A cinq heures, le banquet était terminé.
Espérons que le souvenir de cette journée inoubliable ainsi que celui de nos morts maintiendront l’union entre tous les habitants de notre commune.
Un assistant
Source: L'Avenir du Cher N1925 du 23 octobre 1921. Transcription monumentducher1418