Discours de M. Henriet, Maire des Aix d’Angillon
Mesdames,
Messieurs,
Mes chers enfants,
Animée des meilleurs sentiments de reconnaissance pour tous les combattants de la guerre, qui nous a été imposée, consciente du devoir de perpétuer la mémoire de ceux qui parmi vous, sont tombés pour la défense de la Patrie, la Municipalité a décidée de confier à la pierre et au bronze la tâche d’établir, parmi nous et de transmettre aux générations à venir, une œuvre symbolique des sentiments que nous éprouvons tous, de la grandeur, de la noblesse du devoir accompli, de l’héroïque sacrifice que ces camarades ont fait de leur vie.
Bientôt huit années se seront écoulées de la date qui changea en une réalité horrible l’angoissante émotion des derniers jours de juillet 1914. Nous nous rappelons les départs en masse de tous ces citoyens qui refoulant en eux-mêmes les pires appréhensions sur le sort des êtres chers qu’ils quittaient ne se donnaient plus qu’un but, vaincre l’implacable ennemi.
Pour ce que fût, par la suite, la vie des combattants, je laisse à qui peut en parler l’honneur de dire toute l’abnégation, toute la force de caractère qu’il leur a fallu mettre en œuvre, pour que le onze novembre 1918, fût réalisée la victoire, couronnement de tant d’effort, de tant d’héroïques sacrifices, couronnement de la gloire de nos chers morts.
Toutes les communes qui sont autant de petites Patries, de fractions de cette Unité qu’est la France ont voulu pour mieux glorifier tous ceux qui sont tombés, élever dans l’enceinte de chacune d’elles, un monument de reconnaissance, aux enfants qu’elles ont donnés.
Notre petite ville des Aix ne pouvait faillir à ce devoir. C’est un fait accompli.
Chers concitoyens, bien humble devant l’honneur qui m’échoit, ce Monument, avec tout ce qu’il représente pour nous, de peines, de pleurs, de regrets et d’espoirs, je le place sous votre protection, sous la sauvegarde de ces enfants, qui se rappelleront toujours la grandeur de cette cérémonie, ne laisseront jamais tomber dans l’oubli les noms qui tout à l’heure vont être prononcés et voués à la postérité.
Avant que de vous laisser entendre de plus chaudes paroles que celle de votre serviteur, permettez-moi d’adresser publiquement, les sincères remerciements à mes collaborateurs du Comité de souscription, notre Président du Comité de souscription M. Brenet, conseiller d’arrondissement, à touts les membres de ce Comité dont le concours nous a été si favorable. A vous toutes, si généreuses donatrices et généreux donateurs
Je remercie M. Millet, agent-voyer, du concours apporté dans la conception et d’édification de notre Monument.
Permettez-moi aussi de vous dire toutes l’admiration que j’ai pour le maître qu’est M. Maubert, dans l’art de faire parler la matière, pour l’expression qu’il a su donner à ce soldat et lui faire dire : « On ne passe pas ! »
Devant ces noms gravés dans la pierre, je m’incline.
Source: La dépêche du Berry du 3 mai 1922. Transcription monumentducher1418