Discours de M. Brenet, Conseiller d’arrondissement
Mesdames ,
Messieurs,
Lorsqu’il y a presque deux ans, sous les auspices de la Municipalités, les habitants des Aix-d’Angillon se sont réunis pour la première fois, pour organiser la souscription qui devant permettre, avec le concours de tous, d’ériger ce Monument, le même sentiment de reconnaissance qui les rassemble en ce moment, à réuni toutes les bonnes volontés. C’est à toutes ces bonnes volontés que, comme président du Comité de souscription, je viens ici dire merci, Tout le pays a répondu à notre appel. Etroitement unis dans le même élan de gratitude, nous avons pu mettre sur pied d’œuvre aujourd’hui achevée. Les noms de nos frères morts en combattant sont là inscrits sur le marbre pour rappeler à tous qu’au moment où notre Patrie s’est trouvée en danger devant la honteuse agression des « Boches », tous ses enfants, dignes de leurs grands ancêtres de la Révolution, se sont levé les armes à la main, pour défendre la civilisation contre la barbarie, hélas ! Beaucoup ont succombé dans cette lutte acharnée, des milliers de Français ont arrosé de leur sang le sol sacré de la Patrie.
Aujourd’hui la lutte est finie, mais combien cruellement meurtrie est restée notre France : un million et demi de morts, autant de mutilés, des provinces prospères complètement dévastées, voilà le bilan de ces cinq années de lutte. Après cet héroïque effort on aurait pu croire que longtemps les français n’auraient pas le courage de reprendre la lutte pour la vie, il n’en a rien été, laissant là le fusil, le paysan de France a repris la charrue et avec le même courage qu’ils ont montré sur les champs de bataille, les enfants des Gaules se sont remis au travail.
Il faudra de longues années pour que toutes les plaies soient cicatrisées, il faudra de longues années pour que nos régions dévastées reprennent leur vie d’antan, mais nous y arriverons avec la bonne volonté de tous, grâce au labeur acharné de tous les travailleurs.
Ces monuments, érigés dans tous les pays de France, rappelleront à tous, que nous devont être dignes de ceux qui sont restés. Le « Poilu » qui arrêta l’ennemi en faisant de sa poitrine un rempart irrésistible nous dira ; Travail dans la paix comme j’ai travaillé dans la guerre. Fasse que notre mort ne soit pas inutile et plus tard, quand notre génération aura disparu, il dira à nos descendants ; Souviens-toi que grâce à l’union de tous les Français, la liberté fut un jour sauvée de l’esclavage et que si tu vis heureux et fier dans notre France aimée, c’est à tous ceux qui ont versé leur sang pour elle, que tu le dois.
Source: La dépêche du Berry du 3 mai 1922. Transcription monumentducher1418