Discours de monsieur le maire de Ménétréol :
Mesdames, Messieurs,
Ce n’est pas sans une certaine émotion que je vois réunis autour de nous une si nombreuse assemblée, au aussi grand concours de personnes venues déposer leur tribut d’hommage au pied de ce monument.
Au nom de la municipalité, des habitants de la commune, j’ai le devoir de remercier, de souhaiter la bienvenue à messieurs les membres du parlement, aux élus du cantons, aux maires, aux conseillers municipaux, aux membres de toutes les sociétés qui ont bien voulu répondre de toutes les sociétés qui ont bien voulu répondre à notre appel. Aux pompiers, et enfin à tous ceux qui, par leur présence ont bien voulu rehausser l’éclat de cette touchante cérémonie. Mes félicitations à M. l’architecte et à M. Jary, entrepreneur. Je remercie tous les souscripteurs dont la noble pensée de piété patriotique et de fierté fraternelle a guidé les cœurs en souscrivant à l’érection de ce monument. C’est en souscrivant à l’érection de ce monument. C’est que chacun obéit à l’impulsion du plus noble des sentiments qui peuvent soulever l’âme humaine.
Si les familles, à juste titre conservent la mémoire des parents enlevés à leur amour, il elles aiment à visiter leurs tombes et à leur apporter les fleurs du souvenir, vous comprenez d’instinct que des honneurs exceptionnels sont dus à ceux qui sont morts pour la défense et la gloire de la Patrie. Le 2 août 1914 quand la France si pacifique, si conciliante, sans sacrifier sa dignité, mais attaquée sans ménagement, lança cet appel ; Aux armes citoyens, on vit partir ceux que la mobilisation appelait et même ceux qu’elle n’appelait pas, toutes les forces vices de la nation dans un élan patriotique, volèrent à la frontière, pour la défense de la civilisation et du droit outragé, ou dans cette lutte gigantesque et sanguinaire sont tombés 27 enfants de la commune dont ce monument symbolise la mémoire, les uns broyés glorieusement par la mitraille, face à l’ennemi, les autres s’éteignant obscurément sur un lit d’hôpital mais tous dignes d’une éternelle reconnaissance, parce que tous ils ont offert sans compter tout ce qu’ils pouvaient offrir, leur jeunesse, leurs forces, leurs joies, leurs espérances, leur sang, leur vie.
Nous voudrions que ce monument fût d’un granit indestructible, et que comme les antiques pyramides il résiste aux injures des siècles et qu’il dise aux générations futures le geste de tout le pays, l’héroïsme de ses enfants de reconnaissance des habitants. Un peuple ne doit pas oublier ceux qui sont morts pour lui, leur souvenir rappelle des exemples qu’il faut faire resplendir, des enseignements qu’il faut transmettre à la Postérité.
L’histoire nous enseigne et nos morts nous l’ont prouvé que chaque fois que les français ont versé leur sang sur les champs de bataille, ils ne l’ont jamais versé en vain, car de la terre qu’ils ont arrosée a toujours fructifié des germes bienfaisants pour l’humanité. Où le drapeau de la France était engagé ils sont allé, parce que là était le devoir et si avant de mourir dans une suprême évocation, ils ont revu le village où d’étaient écoulées leurs jeunes années, s’ils ont songé aux êtres chers, qui vainement les attendaient au doux foyer familial. Oh ! Même alors, j’en suis sure, leur cœur n’a pas défailli car s’ils aimaient leur cher ménétréol plus que toutes les autres régions, ils aimaient aussi la France au service de laquelle ils avaient mis leur nom et leur bravoure.
A ce monument au milieu du silence impressionnant, on procède à l’appel des morts. Un sous officier mutilé, médaillé militaire, croix de guerre, répond à l’énoncé de chacun : Mort au champ d’honneur.
Puis M. Beauois reprend « O morts O martyrs du devoir patriotique, honneur à vous, nous ne vous oublierons jamais. Vous avez sauvé la civilisation. Vous avez sauvé la France. En mourant pour elle vous l’avez grandie, ennoblie, mais elle perd en vous ses plus ardents défenseurs et la société de bons citoyens.
Votre culte de cessera jamais tant que dans une poitrine française battra un cœur généreux. Les hommes de votre génération disparaîtront emportés par le temps, mais après vous d’autres viendront qui prendront de vos mains défaillantes le flambeau allumé de votre reconnaissance et le passeront toujours brillant à leur successeur.
Et vous, jeunes gens qui m’écoutez, vous en qui je salue une nouvelle aurore, haut les cœurs au souvenir de vos aînés, soyer comme eux sans peur et sans reproche, c’est la France, nos chers disparus vous l’ont appris, qu’appartient l’amour du devoir, c’est pour elle que vous devez ensemencer vos cœurs, développer vos corps, affermir vos âmes, fortifier vos consciences.
Le patriotisme est un leg paternel que vous avez recueilli au berceau, et pour savoir ce dont vous serez capable le jour venu, il suffit d’entendre battre vos cœurs au son des clairons, quand passe un régiment.
Soldat de la grande guerre, dans la boue des tranchées, ce n’est pas la mort que vous avez trouvé, c’est l’immortalité.
Source: L'Avenir du Cher N° 1919 du 11 septembre 1921. Transcription Monumentsducher1418