Discours de M. Giton
Maire de Saint Germain du Puy
M. Giton, maire de Saint Germain du Puy, prononce le discours suivant :
Mesdames, Messieurs,
C’est avec une profonde, une bien sincère émotion que je viens aujourd’hui, au nom de la municipalité, au nom de la commune tout entière, inaugurer ce modeste monument à la mémoire des enfants de Saint Germain du Puy morts au champ d’honneur. Cette émotion, vous la comprenez tous mes chers concitoyens, puisque vous savez que c’est moi qui ai accompagné la plupart de nos héros aux conseils de révision qui en en ont fait des soldats. Mais c’est aussi avec un frisson de fierté que je viens les glorifier aujourd’hui.
Ces honneurs, ces martyrs les méritent tous, ils ont été braves autant que les plus braves, passionnés qu’ils étaient pour la défense de la Patrie et de la république contre le plus sauvage, la plus terrible des agressions que notre pays ait jamais eu à subir. Et ils ont été d’autant plus admirable qu’ils sont morts pour conserver intact le patrimoine commun à tous les Français, pour assurer aux générations à venir l’indépendance complète et la tranquillité. Mais la défense de cet idéal nous a coûté cher, et si ce monument nous rappellera la gloire de nos morts, il ne nous montrera pas moins l’honneur de la guerre abominable et maudite qui amoncelle les deuils et les ruines.
Et encore, les ruines on les relèves, mais les deuils, rien ne vient les effacer, rien ne peut les faire oublier. J’en appel à vous tous, mes chers compatriotes, qui avez perdu un fils, un époux, un frère.
Je m’incline bien haut devant les familles qui ont été éprouvées. Elles savent que j’ai pris une grande part à leur douleur, qu’elles ont toute ma sympathie.
Aux blessés qui ont pu nous revenir, à tous ceux qui ont vécu et souffert dans les tranchées, j’adresse un salut ému et le témoignage de notre profonde et sincère gratitude pour tout ce qu’ils ont fait pour nous.
A nos morts, à nos chers morts, je puis dire de la part de tous ici que leur mémoire sera conservée, que leur noms gravés sur le marbre, ne partiront pas et que le souvenir de leur sacrifice sera toujours présent à la mémoire de chacun de nous.
Un élève de l’Ecole communale récite, au milieu d’un silence impressionnant l’Hymne aux morts de Victor Hugo.
Source: La dépêche du Berry du 7 mai 1923. Transcription Monumentsducher1418