Inauguration...
Dimanche 24 septembre, le petit bourg d’Annoix, élégamment pavoisé aux couleurs françaises, inaugurait son monument des morts de la guerre. Pareille cérémonie ne pouvait se célébrer sans un aumônier militaire ! Aussi eut-on la bonne fortune de posséder le sympathique aumônier de la 16° Division, M. l’abbé Pavillard.
Matin et Soir, ce fut une fête d’un caractère nettement religieux. Après la messe, où des chants furent pieusement interprétés par des personnes bien connues, dans la paroisse, par leur zèle et leur générosité, la foule recueillie se dirigea au cimetière. Là eut lieu la bénédiction d’une tombe commune pour les soldats de la paroisse, M. l’abbé Pavillard, en une improvisation des mieux senties, rappela comment nos chers soldats étaient morts. Il nous fit revivre quelques scènes tragiques des tranchées ! Nul mieux que lui ne pouvait redire aux mères, aux pères, et aux épouses, comment leurs chers disparus étaient morts en chrétiens et en Français.
Le soir, la fête continuait avec un caratère d’union sacrée bien plus grand. Autorités religieuses et civiles glorifièrent de leur mieux le souvenir des chers soldats de la paroisse. Aux vêpres, M. l’abbé Pavillard nous traça plusieurs tableaux vivants des actes d’héroïsme, dont lui-même avait été le témoin sur le front. Après avoir bien prié pour nos chers compatriotes, l’assistance, comprenant M. le maire, son Conseil et M. le Conseiller Général, sortit de l’église et vont se grouper autour du monument. Ce monument, sans trop de prétention est d’une certaine élégance dont nous devons remercier M. Dordonnat, qui en est l’auteur.
Non loin de l’église, tout près de l’école, à l’extrémité de la principale rue du bourg, ce monument comme le dit si bien M. Breu, maire d’Annoix, rappela à tous, le souvenir de nos chers soldats.
« A quelque catégorie que nous appartenions les morts que nous pleurons doivent nous rappeler que nous sommes tous français et que nous devons vivre en frères. » A son tour, M. le conseiller Général, d’une voix forte et agréable, glorifie les grandes vertus de bravoure et d’héroïsme de nos chers morts. Entre ces discours, plusieurs morceaux de circonstance furent habilement interprétés par M. le curé de Senneçay. Grande et belle fête, qui comptera dans les annales de la paroisse d’Annoix. Et nos plus vifs remerciements au curé et au maire, qui surent si bien organiser cette fête.
Source: Le Petit Berrichon du 30 septembre 1922. Transcription monumentducher1418