Discours de M. Raimbault ...
Oh ! France bien-aimée, patrimoine sacré, légué par les aïeux, formé au cours des siècles, après tant d’ efforts, de douleurs et de sang, tu es à nous, bien à nous ; pour t’arracher aux serres du vautour allemand, pour que tu vives, nous t’avons donné les meilleurs de nos enfants.
Ils sont morts sans regrets, sans regarder en arrière, connaissant la sainteté de la cause pour laquelle ils donnaient leur vie. Ils sont morts avec la foi, la foi indestructible dans les destinées immortelles de la Patrie, la foi en la justice, la foi en la Victoire. Tous ont rivalisé d’ardeur, de courage et d’abnégation, tous ont mérité de vivre éternellement dans la mémoire de leurs concitoyens.
Oh ! morts pour la Patrie, vous avez été et vous resterez le sel de la terre. Comme le sel donne sa saveur le sel de la terre. Comme le sel donne sa saveur, votre sang répandu a donné à la France une saveur nouvelle, la saveur de la Liberté. Car quel pourrait être le charme de notre Patrie si notre pays avait cessé d’être la France.
Ouvrons l’histoire, mes chers concitoyens, allons de l’un à l’autre bout, nous ne trouvons rien de pareil à la magnifique et sanglante épopée écrite par la France avec le sang de ses enfants. Oh ! mort pour la Patrie, nous nous magnifions !
En ce jour nous voulons dire aussi notre admiration aux héros vivants qui nous sont revenu de la grande tribulation, avec leurs drapeaux magnifiques ; et nous nous inclinons avec un sympathique respect devant ceux qui vont rentrer dans la vie avec la douleur d’une mutilation, d’une infirmité ou d’une maladie.
Mes chers concitoyens tous ces discours, toutes ces paroles ne seraient que de vaines redites si nous ne nous inspirions pas de la pensée dernière de ceux qui sont tombés pour la France, et qui reposent aujourd’hui fraternellement nuis dans la mort, comme ils ont combattu fraternellement dans le dévouement à la Patrie.
C’est un devoir pour tous les Français d »carter des sujets de discorde, l’image de nos disparus doit planer au-dessus de la lutte des partis. Nous devons rechercher toutes les raisons d’être unis et songer d’abord à la répartition des brèches faites par la guerre.
M. Raimbault termine en affirmant que, les « Pupilles de la Nation auront toujours la première place dans notre tendresse et dans notre tendresse et dans notre sollicitude » et « au nom des mères et des veuves, au nom des orphelins, en fléchissant le genou devant le marbre sur lequel sont gravés les noms des enfants de Sancerre martyrs de la Patrie.
Source: Le Journal de Sancerre du 26 novembre 1921. Transcription Monumentsducher1418