Discours de M. le colonel Momenteau, du 8° Corps.
Mesdames,
Messieurs,
Délégué par le général commandant le 8° Corps d’armée, j’apporte aux héros de Sancoins tombés au champ d’honneur le souvenir ému et le suprême hommage de l’armée.
La cérémonie qui nous assemble aujourd’hui est l’accomplissement d’un devoir d’infinie gratitude envers nos morts, d’un acte de confiance inébranlable dans les glorieuses destinées de notre France victorieuse.
Cette terre du Berry a donné pendant le Grande Guerre le plus pur de son sang. Dans son patriotisme profond, la population saine te robuste qui l’habite n’a jamais désespéré, même aux heures quand le Destin l’atteignait dans sa chair, elle a donné, les uns après les autres, ses fils, simplement, noblement, parce qu’il fallait que la France fût sauvée.
Je salue respectueusement tous ces héros disparus, qui, du fond de leurs tombeaux, veulent que nous nous inspirions de leur exemple, pour continuer leur effort et achever l’œuvre qu’ils ont si généreusement commencée, en maintenant intacte la Victoire, si chèrement acquise.
Quel monde de souvenir évoque pour nous, ce monument ! C’est le drame formidable de la Grande Guerre, avec ses péripéties diverses, qui se déroule sous nos yeux, en un saisissant raccourci.
Il nous semble revivre, dans des alternatives d’angoisses et d’espérances, les heures tragiques !
D’abord celles d’Alsace et de Charleroi, de Lorraine et de la Marne ; puis des Flandres, d’Artois et de Champagne ; puis, tour à tour, de l’Argonne et de Verdun, de la Somme et de l’Aisne ; enfin des derniers et décisifs combats. Et le lugubre bilan s’accroît sans cesse, et toujours se multiplient ces hécatombes effroyables de jeunesses superbes, toutes chargées de promesses, dont un cruel destin tranche la floraison.
A ces héros magnanimes, à ces martyrs volontaires qui ont arrosé de leur jeune sang la vieille terre nourricière pour la faire refleurir, j’adresse l’hommage de notre admiration et de notre respect.
Que leur souvenir soit honoré à jamais !
Source: Le Journal du Cher des 17 et 18 juillet 1922. Transcription Monumentsducher1418